au contenu

Histoire de la musée

Museumsite

À la fin du 12e siècle, beaucoup de villes aux Pays-Bas avaient un hôpital où les malades, les faibles, les sans-abri et les pèlerins pouvaient se réfugier. Ces hôpitaux ont été principalement fondés pour la charité, l’idéal chrétien de la bienfaisance. Mais des motifs sociopolitiques jouaient un rôle aussi. Le soin aux personnes démunies était un moyen pour éviter des perturbations sociales et la tension.

Comme dans les grandes villes, l’hôpital de Geel a été fondé un peu avant 1268 par Henri III Berthout, seigneur de Geel. Des frères et sœurs convers soignaient les malades, les faibles et les pèlerins. Il n’était pas encore question d’un ordre religieux. L’hôpital a été construit à l’endroit où la princesse irlandaise Dymphne a été assassinée en 600 par son père, après avoir rejeté sa demande en mariage. Dymphne, une victime de violence gratuite, était honorée et elle est devenue la sainte Dymphne. Elle était adorée pour la guérison de ceux qui étaient « malade de l’esprit ».

À la fin du Moyen Âge, on ne trouvait non seulement à Geel, mais aussi dans d’autres œuvres de charité, beaucoup d’abus. Les abus des patients, la mauvaise gestion financière et le relâchement de la discipline étaient à la cause de ce déclin. Des réformes étaient donc inévitables.

Dans les grandes villes, ces réformes étaient introduites peu après 1500. L’initiative fut due à Jean III de Mérode et de Jacob de Busschere, le premier directeur du collège des dix vicaires de l’église Ste. Dymphne. Tous deux prévoyaient dans leur testament les moyens financiers pour subsidier la réforme. Trois sœurs de l’hôpital de Malines, où ces réformes étaient déjà introduites en 1509, étaient envoyées à Geel en 1552 pour implémenter les nouvelles réformes. Robert de Croy, évêque de Cambrai, approuvait les réformes et c’est ainsi que les sœurs hospitalières Augustines arrivaient à Geel pour le soin des malades.

La musée
Non seulement les sœurs ont introduit de nouvelles règles de conduite (statuts), mais elles ont aussi élargi l’hôpital malgré leur situation financière difficile, des guerres permanentes et des maladies contagieuses comme la peste. Dans les années 1476-1479, elles ont restauré la chapelle de l’hôpital et l’infirmière qui y était hébergée. Dans les 17e et 18e siècles, l’hôpital était agrandi d’un nouveau couvent (1663), une grange (1705), un garage (1718), un bâtiment des métiers (1728) et une salle des malades (1671 et 1754).

La Révolution française (1789) a mis fin aux nombreuses institutions de ce qu’on appelle l'ancien régime. Dans leur lutte contre le pouvoir de l’église, les révolutionnaires visaient surtout les institutions dans lesquelles des religieux travaillaient, par exemple l’enseignement et les soins aux malades. Dû au manque de personnel expérimenté, le gouvernement se vit obligé de tolérer des religieux entre autres dans le secteur des soins. Les hôpitaux et leur personnel étaient sécularisés et l'hôpital de Geel devenait un hôpital civil. Les sœurs Augustines pouvaient rester et elles continuaient à s’occuper du service des malades et de la gestion quotidienne, mais en tant qu’« hospitalières », c.-à-d. en tant que personnel civil. Les propriétés de l'hôpital étaient confisquées et cédées aux établissements civils de charité, pionnier de la Commission pour l'assistance publique (COO), le courant OCMW (CPAS).

Dans les 19e et 20e siècles, les bâtiments pour les soins infirmiers étaient élargis. Jusqu’à 1840, les malades restaient à l’arrière de la chapelle. En 1840, une deuxième salle des malades était construite derrière la chapelle et en 1860, on en a ajouté une troisième salle des malades, appelée « la salle rouge ». En 1918, un nouvel hôpital a été construit au De Billemontstraat, à côté du complexe existant. Le nouvel hôpital ne faisait pas partie de ces bâtiments. Le nombre de sœurs a forcément augmenté dans le 19e siècle, de 12 sœurs en 1801 jusqu’à 15 sœurs en 1900 et 40 sœurs à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Ensuite, le nombre diminuait constamment.

Au milieu des années soixante, le COO considérait de démolir les bâtiments historiques de l’ancien hôpital, qui étaient protégés comme monument par arrêté royal du 23 mars 1938, et de partager le terrain en lots. Grâce aux sœurs Augustines, ce patrimoine unique de Geel a été sauvé de la destruction. En 1971, elles ont acheté de retour la plus grande partie de l'ancien hôpital et elles ont décidé de créer un musée dans les vieux bâtiments.